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http://www.mistinguettmadonnaetmoi.com/ et "CRIME PARFAIT",l'album en magasin!!

lundi 1 novembre 2010

Sans contrefaçon


Bien avant Mylène Farmer et son entêtant "sans contrefaçon, je suis un garçon", la question de l'identité sexuelle s'est posée pour les femmes à travers leurs vêtements. Et "Il n'y a que les tailleurs pour ne voir dans l'habit de l'homme que du drap, comme les boulangers ne voient dans le pain que de la farine, de l'eau et du sel" comme disait le père Enfantin (sic). Le pantalon lancé par Chanel et démocratisé par Saint Laurent et Courrèges a eu des précurseures. D'abord, Jeanne d'Arc, celle qui pour beaucoup incarne la France et une certaine idée d'indépendance, et dont la mort sur le bûcher a été décidée quand elle a osé remettre ses vêtements d'homme, preuve manifeste de son hérésie indécrottable. George Sand travestie fumant le cigare a fait couler beaucoup d'encre et attisé bien de haines et de mépris de ses contemporains. Mais il y a eu Louise Michel la communarde, les scandaleuses Colette et Missy, la féministe Madeleine Pelletier, la peintre Rosa Bonheur, Renée Vivien et Nathalie Barney, les reines du saphisme à Paris à la fin du XIXème siècle, la terrible Violette Morris, les merveilleuses Sarah Bernhardt et la Dejazet qui jouèrent beaucoup de rôles masculins, de Hamlet à l'Aiglon, les écrivaines Marc de Montifaud et Rachilde, l'archéologue Jane Dieulafoy, la voyageuse Alexandra David Neil, la sulfureuse Annemarie Schwarzenbach et bien d'autres…. Toutes, elles se sont battues pour porter le pantalon, contre la loi de 1800 qui interdisait aux femmes de se travestir (abrogée en novembre... 2010!), anticipant le code civil de 1804 qui allait contraindre autant que faire ce peut les femmes au foyer, leur donnant un statut de mineure dés lors qu'elles se mariaient.

Mais pourquoi les femmes voulaient elles tant porter le pantalon qui fait partie intégrante de notre garde robe aujourd'hui? Comment un vêtement a t il suscité autant de passions? D'abord, il faut se souvenir que les femmes en jupon ne portaient pas de culotte fermée. Elles étaient donc "accessibles" et vulnérables au premier passant priapique venu. Ensuite, la mode des corsets a été assassine. Coincées dans des vêtements qui les entravaient et étaient là uniquement pour les rendre désirables aux yeux des hommes, elles lorgnaient donc avec envie sur ce pantalon qui avait le pouvoir de les protéger du viol et autres agressions dues à leur sexe. Depuis la révolution française, le pantalon, apanage des hommes donc symbolisant le pouvoir, permettait à celles qui le portaient, à la fois d'affirmer leur différence intellectuelle, voire sexuelle, mais également d'être mieux payées. Un homme gagnait quasiment le double d'une femme pour la même tâche, et aujourd'hui encore, malgré les lois, les femmes continuent à être moins payées que leurs collègues masculins.

Comment une loi peut elle être impunément bafouée sans que cela ne dérange personne? C'est un mystère en partie soulevé dans le passionnant livre de Christine Bard "Une histoire politique du pantalon". L'auteure nous embarque dans l'histoire de ce vêtement dont le port qui semble tellement naturel aujourd'hui, a été conquis de haute lutte, comme le droit de lire, d'écrire, de conduire une voiture ou de travailler, par les féministes.

C'est dans les années 20, 30, avec l'arrivée des "garçonnes" que les femmes en pantalon commencent à devenir à la mode, donc acceptables. Puis avec les icônes qu'étaient Marlene Dietrich, Greta Garbo et la divinissime Katherine Hepburn dans "Sylvia Scarlett", qui reste un sommet de chic et d'érotisme vénéneux, qu'elles accèdent au glamour. Les grandes figures féminines du début du siècle dernier ont du vaincre des préjugés tenaces pour ainsi afficher une image féminine qui sorte des canons de beauté masculins, rigides et réducteurs, et porter la culotte a bel et bien été une victoire gagnée de haute lutte par les féministes tant raillées. Désireuses d'assumer leur sexualité et leur pensée hors norme, elles se battirent pour échapper aux crinolines, aux corsets, et autres prisons vestimentaires.

On disait de Marlene qu'elle n'était jamais si féminine qu'habillée en homme, et jamais aussi masculine qu'habillée en femme. L'ambivalence sexuelle est toujours ce qu'il y a de plus troublant, et dans le monde, les femmes n'ont pas fini de se réinventer pour accéder à leur désir, longtemps nié, voire oppressé.

jeudi 9 septembre 2010

DES CHIFFRES SANS LES LETTRES!




Plus ça va, plus je suis consternée par le niveau de ce qu'on nous refourgue dans les médias. Question syntaxe, orthographe, vocabulaire, ça vole bas. D'ailleurs, ça ne vole plus… ça rampe. Si, pour citer Boileau dans "L'art poétique" : " Ce qui se conçoit bien s'énonce clairement et les mots pour le dire arrivent aisément", l'inverse est vrai. Il suffit de voir "comme on nous parle", comme l'a admirablement écrit et chanté Alain Souchon dans son sublime "Foule sentimentale", pour s'assurer que ça ne pense pas fort, et que ça ne pisse pas loin. J'ai vu Edwy Plenel il y a peu, excuser ceux qui avaient une mauvaise orthographe. J'avoue avoir été surprise par sa complaisance. Je le croyais homme de lettres et trouve bien démagogique cette tendresse pour ceux qui maitrisent mal le français. Certes, il y a des fautes d'orthographe charmantes, voire cocasses, mais le problème, car il y en a un, c'est que le niveau de l'écriture et l'indigence de pensée généralisés deviennent alarmants. Ce qui est grave, c'est qu'aussi bien des journalistes, que des scientifiques ou des gens qui publient des textes savants sur Internet font des fautes de grammaire indignes d'un élève de 5ème. Et que ce désintérêt pour le français correct est devenu endémique. Je préfère ne même pas aborder la question du langage SMS qui est un véritable désastre sur le cerveau de nos enfants, ni celle de MSN dont le niveau de communication flirte avec des abysses de néant! Là, pour citer Gainsbourg qui s'y connaissait en amour de la langue, "Cette fois je crois que nous sommes complètement ça y'est!" On touche le fond. On nous avait expliqué que les slammers allaient redonner le goût du style et des mots aux jeunes. Je n'voudrais pas dire, mais c'est pas flagrant!


A côté de cette bouillie langagière, on est de plus en plus assommés de chiffres. Attention! Pas n'importe quels chiffres! Les chiffres du succès. Untel gagne 1000 000€, un autre naze a acheté sa baraque 200 millions d'€, les milliardaires russes claquent 10 000€ en une soirée à saint Trop' etc… Arrête, je vais gerber! Trop c'est trop! Evidemment, toutes ces "infos" passionnantes tournent ad libitum dans des émissions formidables comme "Capital", la bien nommée, dans lesquelles le luxe ostentatoire et vulgaire des nantis est donné en pâture aux pauvres gens tous les dimanches soirs gratos dans le poste, comme on jette des pièces jaunes en aumône à un clodo dans la rue. C'est facile de faire rêver les pauvres pour pas cher. Et ça rapporte. De l'audimat, de la pub. C'est tout bénef'! En plus, on va pouvoir leur refiler des merdes à acheter à ces cons qui se gavent du luxe des vedettes en descendant des Kros.


Le plus déprimant c'est que, subrepticement, cette obsession du pognon a gangréné presque tous les médias. Je me souviens d'une époque pas si lointaine où l'on parlait du travail d'un artiste, pas uniquement de ses revenus. Aujourd'hui, il faut donner des chiffres. Ce sont eux qui sont le mètre étalon de la qualité d'un spectacle, d'un livre ou d'un disque. Ça marche, donc c'est bien! Alors que tout le monde sait très bien que ça n'est pas vrai. Il faut arrêter avec cette idée démagogique que "le public a toujours raison". Non. Parfois, il a tort. Parfois le public, il aime et il bouffe de la merde. Et il en redemande. Parce qu'on la lui a bien emballée avec un bolduc autour, parce qu'on lui a fait un lavage de cerveau télévisuel, parce qu'à force de voir des trucs bidons à la télé il ne sait même plus où sont ses émotions. Et parce que beaucoup de gens ont des goûts de chiottes!

Le public s'est souvent trompé. Les critiques aussi. On s'est moqué de Van Gogh, on a sifflé Gainsbourg, on a fait un procès à Baudelaire, on a emprisonné le marquis de Sade, on a enterré Mozart comme un chien. Ça ne les a pas empêchés d'être ou de devenir les plus grands. Et leurs contemporains pétés de tunes, eux, de sombrer dans l'oubli.

Mais que penser d'un monde, d'un système qui tourne autant autour des bénéfices immédiats? Qui vénère tant ceux qui réussissent. AEt qui réussissent à quoi? A s'en mettre plein les fouilles! "Misère, misère" comme chantait Coluche. Il paraîtrait qu'il y a un problème de valeurs? Affirmatif.


Avec ça, on essaye de nous convaincre qu'il faut trouver du talent à Jeff Koones qui règne en maître sur la médiocrité ambiante en se prenant pour un enfant de Warhol avec ses caniches moches. C'est pathétique. Ouvrons les yeux. Le roi est nu! Ou plutôt: le roi est nul! Et non avenu.


C'est effrayant de voir à quel point l'argent devient de plus en plus LE sujet. Pas l'émotion, ou l'intelligence ou la finesse, ou le culot, ou le courage. C'est qu'il y a plein d'autres valeurs qui vaudraient le coup qu'on en parle. Ben non. "Combien ça coute?", "Combien ça rapporte?". Là, oui. Le nombre de fois que des crétins décérébrés ont cliqué sur un site débile, le nombre de dollars que des milliardaires incultes sont prêts à débourser pour du vide, ça, ça les excite. Ça, ça les fait bander!. Des chiffres, des zéros. Un maximum de zéros. Plus il y a de zéros, mieux c'est! Des zéros, comme le niveau. Qui est bas. Et inversement proportionnel à leur QI.


On se noie dans les chiffres. "Drowning by numbers", comme le titre du film de Peter Greenaway construit comme ces dessins pour enfants où l'image se révèle au fur et à mesure que ceux ci colorient des cases numérotées. Si ce n'est que la nôtre d'image, elle se délite gentiment…


mercredi 25 août 2010

Et putes, et soumises?



Guy Bedos, feuilletant son "Lui" avait donc raison? Souvenez vous de son: "Salooooooopes! Ah la salooooooope! "

Toutes des salopes?


Que les chanteuses aiment la provoc, c'est pas nouveau. Que celle-ci soit sexuelle, par dessus le marché, OK. Je suis fan de Madonna, qui, avec un sens de la publicité et un talent toujours inégalé, a poussé pas mal de frontières dans le domaine, ses tenues ultra sex, ses seins phalliques en cône à la JPG, et ses patins à Britney Spears ou autres danseuses ayant, en leur temps, choqué le péquin moyen et beaucoup fait parler d'elle.

Mais là, on arrive un peu au bout du système, non?

C'est plus provocantes, qu'elles sont, nos chanteuses! C'est carrément hardeuses, qu'elles font! Et aujourd'hui, le roulage de patin lesbien est devenu le parcours obligatoire de la fille qui veut montrer qu'elle est achetement provocante et trop moderne! Et surtout qu'elle veut vendre des disques.

Lady Gaga, Rihanna, Shakira, Britney Spears et consoeurs poussent le bouchon chaque fois plus loin. Et v'la t y pas notre Christina Aguilera, qu'était si mignonne en petite jupe plissée qui s'y met! SM bling bling à tous les étages.

A quatre pattes, avec des fouets, dans des scènes bondage, en string, à poil, à plumes…. Mimant la pipe, la baise, dans tous les sens… Roulant des pelles aux filles, simulant la sodomie... Madonna et Mylène Farmer précurseuses il y a un bout de temps, le faisaient avec un regard. Pour Madonna, souvent celui de Mondino, chic, moderne, raffiné et sensible. Et ultra référentiel. Les photographes hollywoodiens des années 30 et 40, Molinier, Guy Bourdin, Jean Harlow, Marlene Dietrich, Marilyn, Liliana Cavani et son "Night Porter"…

Pour notre libertine Mylène, un Boutonnat, plus sadien mais tout aussi élégant et référentiel. Toujours, il y avait un point de vue, une intelligence. Un discours. Une pensée derrière le cul.

Là, non.

N'est ni divin, ni marquis, qui veut.

Elles sont à quatre pattes, elles sont vulgaires, elles remuent du croupion et puis c'est tout!

Des putes bling bling, c'est ça qu'il faut être pour vendre de la rondelle?

C'est ça, les femmes modernes, libérées? C'est de ça dont on a envie pour nos filles, nos soeurs? Pour nous mêmes? Des images d'objets sexuels offerts, cheaps? Des stars de porno débiles comme référence?

Ben non.

D'autant que les références au sado masochisme sont pléthores. Dans le clip de Rihanna avec la sublime Casta en guest gouine, ça s'attache et ça lorgne du côté du bondage et de la partouze en robe couture et dessous cuir.

Autant la talentueuse Maria Beatty s'attache (?!) à filmer un détail vestimentaire, un grain de peau, la tension entre deux femmes qui se désirent et s'aiment, autant dans ces clips sur-lookés ça sonne creux, et la débauche de moyens et de mise en scène masque mal ce que tout ça a de factice. On assiste impuissantes (?!) à des projets marketing qui, tout en surfant sur la surenchère porno, n'ont d'autre projet que de créer le fameux "buzz" tant recherché.


Rihanna, toujours elle, a aussi commis un duo, très réussi d'ailleurs avec Eminem, qui est tout sauf un enfant de choeur. On connait l'histoire de Rihanna, les violences conjugales qu'elle a subies. Les images qui nous "vendent" la chanson sont embarrassantes. Une maison brûle. OK. On finit par avoir l'habitude. Avec Casta aussi, ça cramait derrière. Une métaphore du feu qu'elle a au cul? Pourquoi pas. Si ça les amuse après tout, c'est leur droit le plus strict. Mais quand on passe au couple qui s'embrasse, s'aime, se rejette, avec une violence évidente, c'est un peu plus gênant. Dans la chanson Rihanna dit en substance "J'aime quand tu mens, j'aime comme ça fait mal". Hum. C'est pas très malin, darling. La prochaine fois que ton mec t'en collera une et qu'il te démolira ta jolie gueule, tu auras beau jeu d'aller te plaindre aux flics! Faudra pas que tu t'étonnes s'ils te reçoivent avec des sarcasmes, et t'estimer heureuse s'ils ne te sodomisent pas sur un coin de bureau pour t'apprendre à moins faire ta vicieuse. Pas super, cette glamourisation de la femme qui se fait cogner et qui aime ça. D'autant que si Maria Beatty filme avec désir ses filles qui se lient d'autre chose que d'amitié, les films de bondage ou de fétichisme ne sont pas toujours aussi féministes. Il y a quelques semaines, après une soirée sixties, très "libération sexuelle", Arte nous a proposé "Bondage", film japonais de 1977 dans lequel un homme se livre à des scènes d'une violence inouïe sur ses femmes consentantes, nous dit en toutes lettres le dossier de presse. Consentantes? C'est lui qui le dit. Le film est d'une violence psychologique pénible. On y voit une pauvre femme amenée progressivement à accepter d'être torturée par son homme, et c'est de la peur qu'on lit dans ses yeux. Ni du désir, et encore moins du plaisir. C'est insoutenable. Ça ne fait pas envie. En tout cas, pas à moi. Et s'il y a de la jouissance, elle n'a pas l'air bien réciproque. On est loin de "L'empire des sens" chef d'oeuvre nippon également, autrement plus profond, plus étrange, plus érotique, et aussi peu champêtre.


Regarder un film érotique ou porno, c'est un choix. Chacun son truc (même s'il y a beaucoup à dire sur cette industrie macho et souvent avilissante pour les femmes). Mais en prendre les codes les plus vulgaires, les plus racoleurs et en faire des images de grande consommation, ça pose quelques problèmes.

Ça fait un peu "ET pute, ET soumise", non?


Je repense avec émotion au baiser le plus long de l'histoire du cinéma (à l'époque, 1946) dans "Notorious" d'Alfred Hitchcock. ( et dans Hitchcock, évidemment, il y a Hitch )On y voyait Ingrid Bergman et Cary Grant s'embrasser en plan séquence et en gros plan pendant dix minutes, entrecoupant leurs baisers d'une conversation anodine sur le menu du diner, afin de détourner les lois de censure de l'ignoble code Hays.

Et oui, c'était érotique.


jeudi 12 août 2010

MADONNADOLLAR$


Autant annoncer la couleur. De l'argent. Je vais être cash. Madonna, je suis cliente! Avec elle, d'ailleurs, vaut mieux. Etre cash. Ou alors en avoir. Parce qu'elle n'aime rien tant que faire rentrer la maille, la kaballah girl! Les brouzouffes, le flouze, la tune, l'oseille, c'est sa came à la Madonnadollars…. A part s'envoyer en l'air, on est d'accord. Dans tous les cas, faut qu'ça rentre! Donc, moi, la Material Girl, j'achète!

D'abord, comme il se doit, j'achète ses disques, ses places de concert, parfois même un T shirt ou une affiche… Si, si, j'avoue, même au stand merchandising je craque*. Mais ce que j'achète le plus, c'est ELLE. Le personnage. Bigger than life. Enorme. L'ego. Personne ne lui arrive à la cheville rapport au narcissisme. Finalement, heureusement qu'elle a trouvé les gars de la kaballah pour la calmer, la Virgin. A ce niveau là de toutes façons, y' a que Dieu qui les calme, les pop stars. Autrement elles plongent dans l'alcool, ou les drogues. Ou l'ice cream. Comme Marlon Brando.

Dieu, ça va. C'est humain. A priori, c'est pas trop mauvais pour la santé. Et puis ça a l'air de lui réussir, donc, on ne va pas chipoter. Si ça peut lui faire plaisir de croire qu'il y a plus balaise qu'elle… C'est vrai. On ne peut pas que bosser, dans la vie. Faut se faire un peu plaisir aussi. Il faut rêver, que diable! Va donc pour la Kaballe, qui est dans son camp, et à son poignet sous la forme d'une cordelette rouge. Pour celle qui a réussi à la force du poignet, ça fait du sens.

Ainsi soit-elle. Depuis Mistinguett, Yvette Guilbert, Régine et Marlene Dietrich on n'avait pas vu une chanteuse qui chante aussi mal faire une carrière aussi démente. C'est ça qui me fascine. C'est sa voix. Comment avec un organe aussi limité elle a réussi à rafler tous ces prix, les MTV Awards, faire partie du Hall of Fame, exploser tous les records de vente d'albums, de vente de places de concert… sans débander! Et sans chanter! Incroyable! Et il y en a qui disent qu'elle n'a pas de talent? Mauvaises langues… C'est pas du talent ça?


Elle n'a jamais lâché, et applique sans sourciller les devises américaines "never take no for an answer". Pourtant, elle en a pris des mandales. Après l'album "Erotica" et son bouquin "SEX", elle n'était pas en odeur de sainteté la Madonne. Plutôt du genre cramée. "Au revoir madame, vous vous êtes bien amusée, aux suivantes!" Eh bien non. Pas elle. Elle s'est accrochée, que c'est rien de l'dire! Une vraie teigne. Ou plutôt un vrai cockroach, comme elle se définit elle même dans une ITW en riant! Un cafard. Le new yorkais. Le gros, bien dodu qui fait partie intégrante de la vie dans la Grande Pomme. Ceux pour lesquels les américains ont inventé les roach motels. "They check in, but they never check out". C'est elle-même qui le dit: "Vous ne vous débarrasserez pas de moi comme ça!" On voit. Dans la maison Ciccone, y'a pas relâche. Jamais. Le succès est une drogue dure et elle n'a pas l'intention de décrocher, maman. Bien au contraire. Elle a même enfilé les gants de boxe. Comme les champions. Une vraie Million dollar baby. Une killeuse.


Marilyn, Warhol, Frida Kahlo, Jean Harlow, Guy Bourdin, Clint Eastwood, Man Ray, Molinier, etc, etc… Et Madonna pompait… pompait…. A sa manière. Au moins autant que les Shadocks. Mais là où les efforts des Shadocks semblaient bien inutiles, elle ça l'a menée là où elle voulait. Au top!

Plus, toujours plus. Plus de gens dans les stades. Plus grands, les stades. Plus chères, les places. Elle s'est fait allumer au lance flammes pour son film "Filth & Wisdom"? On dit qu'elle est aussi nulle derrière que devant la caméra? Et pourtant elle tourne! Son nouveau film, "W.E.", elle le tourne même en partie en France. On l'a vue devant l'hôtel Meurice, à Saint Germain des Près, à Nice.... Mado, la niçoise?

Vu le niveau où elle est, on se demande un peu ce qu'elle voudrait de plus? Eh bien juste la même chose, garçon! Et l'addition….


Undefeated". Indéboulonnable. Insubmersible. Démente. Ivre de pouvoir. Shootée à l'adrénaline. Camée aux défis. Zy va Mado! Express yourself, girl! "


* boutique référence à Paris: .



dimanche 1 août 2010

DON GIOVANNI, DERNIER TANGO



Il y a quelques semaines, un ami, et non des moindres, m'envoie un SMS. "Don Giovanni sublime sur Arte" J'obtempère. J'allume le poste. Premières images. Des costumes modernes. Des jeans, des petites robes… Mouais. Déjà vu. Peter Sellars a déjà bien fait la blague avec ses chanteurs qui picolaient et se shootaient sur scène. S'il suffisait de mettre les gens en costume d'aujourd'hui pour que ça soit intéressant, ça se saurait! Et puis, très vite, me voilà captée. Fascinée. Il se passe quelque chose d'incroyable dans mon écran. La partition de Don Giovanni, je la connais par coeur. C'est un opéra qui m'a accompagné toute mon enfance. Les scènes, les arias n'ont pas de secrets pour moi. Mais là, ce que je vois me scotche. Je découvre des scènes jouées. Chantées, certes, et magnifiquement, la musique est parfaite, les tempi sont justes… Mais ce qui se passe entre les personnages ne ressemble à rien de ce que j'ai déjà vu.

Les chanteurs sont lookés. 80 à mort. Un Prince Rainier, une Marilyn punk, un Fonz tout droit sorti de "Happy days", des personnages avec téléphones portables. Et arrive Don Juan. Le cheveu blond, rare et filasse. Un pull en v sur un T shirt fatigué, comme lui. Un manteau couleur peau de chamois. Grand. La cinquantaine. Magnifique. Marlon Brando dans "Le dernier tango à Paris". Un sublime vieux beau. Sur sa gueule, sur son corps on lit les nuits blanches à faire l'amour, la lassitude de ces conquêtes trop faciles. C'est terrible d'être un Don Juan. C'est atroce d'être irrésistible. La séduction est une drogue dure, et une malédiction. Tout ça, Bo Skovus le porte sur lui. Il est fantastique. A ses côtés son complice Leporello, branché new wave à la mèche asymétrique qui l'accompagne et lui prépare ses "plans", génial. Dona Elvire, amante abandonnée, dont le désir pour lui est intact. Dona Anna, hystéro.


Les années 80 sont le cadre idéal pour ces fêtards en gueule de bois quotidienne, pour cette mise en scène de la soif de jouissance à tout prix, et du cynisme qui l'accompagne.

La scène entre Don Juan et Zerline, la petite Marilyn sortie d'une photo de Norman Mailer, avec sa robe blanche en tulle et son regard paumé est inouïe. Vorei e non vorei. Il est censé la séduire, lui faire des avances. Et il ne fait rien. Las de la veille où il a sans doute séduit et baisé une autre, il reste écroulé sur sa chaise. Il sait déjà qu'il va la tomber. Que ça va être une proie facile. C'est qu'il en a fait craquer des plus coriaces! Pour tomber, elle tombe. C'est elle qui glisse de sa chaise, qui se traine à ses pieds, folle de désir. Il lui fait l'amour avec des mots. Don Juan, c'est un homme qui peut faire jouir une femme rien qu'en lui parlant. Il a ce talent diabolique. Sans lever le petit doigt.


C'est absolument extraordinaire. Quelle direction d'acteurs prodigieuse. Pendant l'entracte on nous montre le travail de répétitions. Tcherniakov, maniaque, fait refaire chaque geste jusqu'à ce qu'il soit parfait, habité de la bonne intention. Il donne du sens à chaque moment. Il a raison. Le diable est dans les détails. Il n'y a pas de petite chose. Le moindre geste faux peut tuer une scène.

Puis Don Giovanni/Brando devient le chef d'orchestre pathétique de cette fête qui va mal tourner. Du plateau, il dirige l'orchestre dans la fosse avec un couteau et une fourchette, comme un invité bourré à un banquet. Il boit du whisky au goulot, trash, destroy, no future, de plus en plus paumé. Junky à l'amour, accro à la séduction, addict au cul. La fuite en avant. Il tourne tout seul dans le salon désert, ivre de lui même, totalement désespéré, s'assoit par terre avec Leporello, et on revoit Brando dans cet appartement parisien vide du film de Bertolucci, hagard, défait, soliloquant, sachant que la mort est derrière la porte.

Enfin, la crise cardiaque le terrasse. Il tombe. C'est la curée. La haine des autres personnages est palpable. Les femmes ont encore quelques élans de désir, mais un séducteur à terre provoque un rejet violent. Il a joué avec le feu (le feu au cul? les flammes de l'enfer?) qu'il crève! Il a transgressé les codes sociaux, amoureux? Qu'il crève! Il s'est joué de la morale? Qu'il crève!


Tcherniakov a réussi un exploit. Nous faire entendre le sens de chaque scène, de chaque aria. Nous rendre proche, vivante cette histoire. Nous embarquer dans la tragédie du personnage. Nous rendre Don Giovanni présent. Loin des discours prétentieux et abscons de certains "faiseurs en scène" qui prétendent moderniser les oeuvres et ne réussissent qu'à les vider de leur substance, Tcherniakov par sa direction d'acteurs au scalpel, complètement habitée, nous fait pénétrer véritablement dans l'essence du don juanisme.


Un très grand moment. Inoubliable. Dirigé sur des instruments anciens avec émotion, justesse et SANS partition par Louis Langrée. Quand l'art est beau, intelligent et profond comme ça, ça redonne confiance en l'humanité. Rien que ça. Là.


jeudi 29 juillet 2010

SHIRLEY, le retour




Entre Shirley et moi, c'est une longue histoire. Je précise tout de go qu'il ne s'agit pas de la Shirley des désopilants "Shirley et Dino". Je vous cause ici de Shirley Goldfarb dont les carnets édités par son mari Gregory Masurovsky, disparu il y a tout juste un an, dans la collection Quai Voltaire sous le titre "Carnets Montparnasse" me sont tombés dans les mains il y a une quinzaine d'années. Ça a été le coup de foudre. Un véritable choc. Le texte, dur, précis, obsessionnel, cruel, drôle, pathétique aussi me faisait pénétrer dans les pensées de cette femme que j'avais côtoyé pendant des années à la fin des années 70. Au club 7, au Palace, au Flore, à la Coupole. Les endroits à la mode où je sortais tous les soirs. J'avais seize ans. Elle en avait 45. C'étaient ses dix dernières années. Pour moi, les dix premières de ma vie parisienne qui allait être mouvementée. Bette Davis disait dans "All about Eve" "Fasten your seat belts, it's going to be a bumby evening". J'en ai vécu des "bumpy evenings"… Sans ceinture de sécurité... Mais c'est une autre histoire…


Revenons à Shirley. Je la côtoyais aussi à la galerie de mon père puisque Gregory, son mari qui était artiste aussi, et non des moindres, avait pour marchand Albert Loeb, mon père. Flanquée de Gregory et de sa chienne Sardi, perchée sur ses chaussures compensées, toujours habillée de noir, des grands cils dessinés autour des yeux, ses longs cheveux raides encadrant ce qui ressemblait à de la morgue, elle toisait le "Tout Paris" du haut de son mètre cinquante cinq. Elle m'impressionnait. Elle était toujours là. A toutes les fêtes. A tous les événements mondains. Je me souviens de la légère condescendance ou des railleries dont elle était l'objet. Et pour cause. Elle était artiste-peintre, et elle ne vendait pas, ou en tous cas, pas beaucoup. Péché suprême dans ces années 80 où l'argent coulait à flot, elle était fauchée. Navigant dans la jet set des années 70, échangeant des "bons mots" avec Andy Warhol, Karl Lagerfeld, Francis Bacon, David Hockney ou Loulou de la Falaise, elle transformait en dandysme la dureté de sa vie, se nourrissait aux cocktails et aux vernissages, s'auto-proclamant "pique assiette professionnelle".


Lorsque Gregory Masurovsky m'a confié le texte des "Carnets", le choc a été d'autant plus grand que je me souvenais de quelqu'un de mondain, parfois cinglant, souvent solitaire. Je n'imaginais pas ce que ce "maquillage de guerre" comme elle disait, cachait comme souffrance, comme espoirs déçus. Comme tendresse aussi.

"Les Carnets" m'est arrivé dans les mains quelques années après ce tube qui avait fait voler en éclat tellement de choses dans ma vie. Entre autres, ma place d'artiste. Je me suis retrouvée à chaque page, à chaque ligne de ce texte où il est question de solitude, d'illuminations devant la beauté de la nature, de visions d'artiste, mais aussi de sentiment d'échec, de la souffrance à ne pas être reconnu, et de la difficulté à trouver sa place dans le monde.


J'ai d'abord voulu le jouer, moi, ce texte. Puis, m'apercevant que ça serait compliqué de faire la passerelle entre mon tube, apparemment léger, et ce texte de toute évidence noir (elle raconte dans la deuxième moitié du texte le cancer qui va avoir raison d'elle avec une lucidité, un courage et un humour noir saisissants), j'ai finalement eu l'idée de le confier à Judith Magre, que je croisais régulièrement aux premières de Michel Hermon que j'ai souvent mis en scène. Evidemment, c'était LA bonne idée. Ce que j'ignorais, c'est qu'une des personnes les plus proches de Judith était Anny Taourel, productrice, et qu'elle aussi aurait un véritable coup de coeur pour ce texte. Ça a été un vrai travail à trois, dans une confiance et un respect assez exceptionnels. Judith extraordinaire, Anny très présente.

Pour Judith ça a été un moment très particulier de sa carrière. Il y a des rôles qui vous marquent à vie. On sait toutes les trois que "Shirley" restera un des très grands moments de la grande Magre! Un Molière a d'ailleurs couronné son interprétation magistrale.


Lors des dernières représentations au théâtre la Bruyère, une femme m'a approchée pour reprendre le texte en Belgique. Lucienne Troka. Ça m'a beaucoup intéressée de voir quel relief le texte prendrait avec un autre corps, une autre voix.

Avec Lucienne, on a fait un travail assez différent d'avec Judith. On s'est d'avantage rapproché de l'aspect physique de la vraie Shirley, et Lucienne y a mis toute son énergie, son talent et son désespoir. A tel point qu'à la première, à Liège, j'ai cru voir un fantôme.

Lucienne, "une Rocky femelle", comme se qualifiait elle même Shirley Goldfard, a souhaité reprendre ce travail pour quelques représentations.


C'est à nouveau un bonheur d'entendre ce texte qui me hante depuis plus de dix ans. En effet, peu de jours passent où je ne sois traversée par une de ses phrases.

J'aime Shirley. J'aime cette quête de l'essentiel, cette obstination à être soi même, envers et contre tous. J'aime cette lucidité d'écorchée.

Shirley disait "Mon Max Jacob du jour: "Aimer les mots. Aimer un mot, le répéter, s'en gargariser. Comme un peintre aime une ligne, une forme, une couleur."

Très important."

J'aime les mots. J'aime SES mots. Les revoilà. Crus. Poignants. Noirs, comme son maquillage et ses pulls YSL.


les 9 et 10 août au festival de théâtre de Spa (Belgique)

les lundis à partir du 13 septembre à 19h à l'Espace Saint Honoré 62 rue Saint Honoré 75001 Paris

métro Louvre Rivoli

réservations: 09 64 44 95 18 tarif: 9€ et 7€


lundi 21 juin 2010

MERCI LES FILLES!



Entre deux machines, une vaisselle, pendant que la serpillère trempe et que ma fille ne sèche pas ses cours, j'ai eu le temps de lire "Merci les filles!", un petit bouquin flashy et flashant qui remet à l'heure les pendules du féminisme. Un peu d'histoire, des chiffres (toujours les mêmes, consternants, sur l'inégalité des salaires, des tâches ménagères, les violences conjugales et meurtrières, et autres "détails" historiques), des quiz rigolos (votre famille est elle féministe?), des slogans "une femme sans homme, c'est comme un poisson sans bicyclette").

Juliette Joste, Valérie Ganne et Virginie Berthemet font un petit "digest" de ce que les féministes ont le courage de dire et de revendiquer depuis quelques décennies avec une écoute et une efficacité assez relatives assortie d'une condescendance certaine. Elles ont réalisé un petit bouquin qui a la pêche, et qui fait un joli tour de la question.


Aujourd'hui que les femmes célèbres, Carla Bruni-Sarkozy en tête commencent leurs phrases par "je ne suis pas féministe mais…." avant de faire une déclaration évidemment… féministe…

Aujourd'hui que "féministe" est quasiment devenu un gros mot, voire une insulte…

Aujourd'hui qu'il y a encore et toujours des femmes qui ont le courage d'affirmer qu'elles le sont, féministes….

Aujourd'hui qu'une actrice comme Sophie Marceau affirme être devenue féministe depuis qu'elle a des enfants, signe que la question est bien ancrée dans le réel, et pas un fantasme de vieille coincée flippée…

Aujourd'hui que dans leurs clips les chanteuses rivalisent de poses lascives et provocantes dans une escalade affligeante qui les apparente plus à des actrices de porno qu'à des idoles pour adolescentes…

Aujourd'hui que ces mêmes adolescent(e)s cherchent dans la dite pornographie avilissante et de plus en plus violente, des réponses à leur sexualité qui commence…

Aujourd'hui que 9 viols sur 10 restent toujours impunis, un scandale….

Aujourd'hui que des pays comme la Chine et l'Inde pratiquent à tour de bras des génocides de petites filles qui mettent en péril leur équilibre….

Aujourd'hui que des types comme Eric Zemmour tapent l'incruste sur les ondes et à la télé avec des discours totalement rétrogrades et réacs en toute impunité, et de surcroit cautionnés par le service public…


Il est grand temps de rendre à César ce qui est à César, et à Rosalie, ce qui est est à elle!

Il est temps de regarder les féministes avec autre chose que mépris et ironie, mais avec gratitude et admiration. C'est grâce à leurs combats, qui ont été difficiles, et qui sont toujours les nôtres, que nous pouvons voter, bosser, ne pas faire onze enfants de force, émettre des chèques, devenir médecin ou avocate, voire ministre, et j'en passe. Tout ce qui nous semble aujourd'hui aller de soi a été conquis de haute lutte par les féministes tellement raillées aujourd'hui.


Ce petit bouquin tonique m'a aussi donné une furieuse envie de me replonger dans les bouquins indispensables d'Isabelle Alonso, qui elle non plus, n'a pas sa langue dans sa poche, et dont l'analyse brillante et énergique fait du bien. "Et encore, je m'retiens", "Même pas mâle", "Tous les homme sont égaux même les femmes", "Roman à l'eau de bleue" (un petit chef d'oeuvre) sont écrits avec un style fort, bourré d'humour et de trouvailles autour de cette question qui ne cesse d'être brûlante.


Alors moi aussi, je dis "merci les filles!"

vendredi 11 juin 2010

LES MUSIK'ILS?




Bloggeurs, bloggeuses, vous connaissez les Musik'Elles? Un Festival de musique de femmes. A Meaux. Formidable. Magnifique. On y a vu les merveilleuses, Juliette, Susan Vega, Jane Birkin, Olivia Ruiz, Brigitte Fontaine, Super bus, Clarika, la Grande Sophie et j'en passe...

Ça c'est un concept qu'il est bon. Ça c'est un postulat qui se pose là. Simple. Clair. Limpide. Sans faux col. Surtout que des chanteuses, il y en a! Y'a que l'embarras du choix. Et des biens, y en a même plein! Y'a qu'à se baisser, t'en ramasses treize à la douzaine.

Et alors, elles ont programmé qui cette année, comme filles, les Musik'Elles? Nolwenn Leroy, Inna Modja, les Plasticines, Pamela Hute, entre autres....

Et à qui elles ont filé des cartes blanches? A Christophe Willem, Renan Luce et Gaëtan Roussel! Euuuuuu… Y'a comme un blême, non?

Que les choses soient claires. Je les aime beaucoup les garçons, et ceux là en particulier. J'ai même carrément un gros faible pour Christophe Willem dont l'énergie et la personnalité atypique me plaisent beaucoup. Et puis les mecs qui assument leur part de féminité, je suis pour. Mais le concept, je vous le rappelle, c'était pas un Festival de Femmes?

Des filles à la pèle. Pêle mêle: des belles, des rebelles, des nouvelles, des intellectuelles, des pas con, des sensuelles, des pas consensuelles, des Isabelle, des Carmel, des Emmanuelle, des Armelle, des Pimprenelle sans Nicolas, des Diane Tell, des Adèle, des Amel, des Axelle, des Gaëlles, des Chrystelle, des Raphaëlle, des éternelles, des qui chantent pas Petit papa Noël, des qui jouent du violoncelle, des qui chantent comme des crécelles, des qui sont pas des pucelles. Même des qui passent Salle Pleyel!


Que s'est il passé mesdames les programmatrices? Je ne peux m'empêcher de lancer ce cri, telle la Patrick Juvette de base "Où sont les femmes? Avec leurs gestes pleins de charme…"

Autant l'année dernière le divin Julien Doré, qui a poussé l'insolence jusqu'à faire la couverture de Têtu avec des petites chattes, proposait avec son "Mysogine show" une idée carrément… conceptu'elle…. Autant là, j'avoue que la pertinence du propos m'échappe.

Avouez que ça fait bizarre. Vous avez dit bizarre? Comme c'est bizarre….

Ce n'est pas que les femmes, vous n'en trouviez plus, on est d'accord! Le stock de nanas chanteuses est inépuisable et aussi varié que passionnant.

Ce n'est pas que les femmes qui en ont, on en connait pas, même qu'il y a des sacrées gonzesses qui poussent la chansonnette!

Ce n'est pas que le Festival ne cartonnait pas non plus. C'était blindé!


Mais alors…. Pourquoi cette mixité aussi incongrue qu'hors sujet?

Serais-ce que quand il y a une majorité voire une omniprésence de femmes c'est trop "segmentant", pour reprendre les arguments aberrants que celles qui proposent des émissions féminines s'entendent balancer à travers les gencives?

Serais-ce que ça n'est pas crédible?

Serais-ce pour signifier qu'elles n'ont rien contre les hommes, ces dames qui organisent ce Festival? Ou alors pour parodier Sacha Guitry, qu'elles sont contre. Tout contre!?

Serais-ce que…. mais je me perds en conjectures!

La meilleure, c'est que cette année, comme par hasard, le prix des places a augmenté! Y aurait il un lien entre l'arrivée massive de garçons dans la programmation et l'envolée des tarifs? Les mecs, ça coute plus cher? Aucun rapport? Avouez que tout ça rend perplexe.

En tout cas moi, personnellement, ça m'interp'elle!


Mesdames, vous avez voulu ouvrir la programmation? Je suis pour! J'ai même plein d'idées sympas. Il y a des groupes formidables de garçons en robe. Les Weepers Circus, en jupes Gaultier! Les prêtres de Spiritus Dei, en robe de bure…

Mais alors, vous savez quoi? Il faudrait proposer au Festival de Films de Femmes de Créteil de rendre un hommage à Sacha Guitry, ce grand misogyne devant l'éternel(le) qu'on adore! Ça aussi, ça serait une chouette idée! Ça, ça les éclaterait les féministes! Tiens, je crois que je vais leur suggérer…

C'est vrai. Les femmes, ça va cinq minutes…. C'est un concept, certes. Mais faudrait pas que ça ait l'air d'exclure les hommes. Ben non. Les pauvres chouchous. C'est qu'ils ont si peu d'endroits où s'exprimer. C'est vrai, ça fait de la peine quand on y pense…..

Et puisqu'en français, c'est le masculin qui prend le dessus au pluriel (je sais, c'est moche), faudrait peut être songer à rebaptiser le Festival, non?

Les Musik'ils, serait plus juste! Tant qu'à faire.....


vendredi 4 juin 2010

LE CHAGRIN




Je suis en train de dévorer le nouveau livre de Lionel Duroy. "Le chagrin". Sans la pitié. Magnifique. Poignant. Passionnant. Il y dissèque son enfance et sa famille. Au scalpel. Il y a du Mars de Fritz Zorn. Cette rage. Ce désespoir. Cette révolte contre les hypocrisies petites bourgeoises assassines. Je pense au Kertesz de "Naître sans destin". Cette écriture qui restitue l'horreur vécue au jour le jour, avec la naïveté et la candeur d'un enfant. Et puis Ozu. Comme Ozu filmait à hauteur de tatami, Duroy écrit, décrit à hauteur d'enfant. Comme Ozu qui, nous racontant l'histoire d'une famille dans un petit village d'une toute petite île du Japon dans les années 50, à priori incroyablement loin de nous, nous touchait dans ce que nous avions de plus intime, Duroy, le troisème d'une famille de dix enfants dont les parents sont catholiques pratiquants, antisémites, racistes et d'extrême droite nous parle de nous.

Son regard ne cille pas. Il la regarde en face son histoire, particulière unique, tragique, et ça nous passionne. Lui qui a été élevé (?!) au milieu de ses neuf frères et soeurs dans des conditions de plus en plus précaires et hallucinantes/hallucinées, nous bouleverse.


C'est que, s'il scrute ses photos de famille à la loupe, obsessionnel, y cherchant la vérité qui elle, cherche à lui échapper, s'il nous restitue ses souvenirs, il révèle que ses trous de mémoire sont tout aussi signifiants.

Ce livre qui le libère nous libère aussi, par la même occasion. Oui, c'est possible de dire. C'est possible d'assumer sa parole, aussi cruelle soit elle. Ça fait du bien, et pas qu'à soi. Ce miroir qu'est la littérature nous permet de nous regarder en face avec courage. Sans faux semblants. En se foutant du "qu'en dira t on".


C'est un livre vital. Pas une autofiction inutile et narcissique de plus. Pas une nième histoire de cul germanopratine qui part en couille dont on se contrefout. Il écrit pour survivre à son histoire. Pour se réconcilier avec sa vie. Pour être un homme. Pour ne plus être "leur" enfant. Pour ne plus subir. Pour ne plus être l'obscur objet de "leur" désir. Pour trouver sa propre lumière. La fabriquer avec des mots. Les siens. Oser la lucidité. Rien ne rend plus fou que de vivre dans les mensonges sociaux, empêtré de bons sentiments bidons et mortifères.


Je lis ce livre au moment où moi aussi, j'écris. C'est très fort.

Je reconnais la souffrance. Je reconnais la lucidité. Ça fait du bien. On se sent moins seul(e). C'est à ça que ça sert, l'art non? Pas que. Mais aussi.


Merci Lionel Duroy. Votre "chagrin" nous/me fait du bien.


Et puis j'ai adoré sa conclusion dans une interview: "J'écris, et puis je les emmerde!" CQFD!

dimanche 30 mai 2010

FRANÇOIS, FREDO ET MOI!




Gainsbourg avait beau dire, sans doute par dandysme allié à un regret éternel d'être passé à côté de la peinture, que la chanson était un art mineur, c'est tout de même la forme artistique qui traverse le plus de couches sociales, d'âges, voire de pays, et qui dissout gaiement la barrière des langues. Ça n'est pas rien. Etant une artiste qui a commis un tube (non? si.), quasi planétaire par dessus le marché, j'ai donc été invitée à l'Elysée avec quelques collègues, pousseurs de chansonnette. C'était le règne de Mitterrand, François. Et si j'étais là, à l'Elysée, il n'y était pas étranger. Comme chacun sait, c'est pendant son premier mandat, à F M (comme la bande!) que les radios libres ont vu le jour. Certes, la période n'a pas duré longtemps, mais elle a eu le mérite de balancer ce qui fait la joie et le fonds de commerce de nombreuses radios encore aujourd'hui. Les disques d'or d'hier étant les "gold" d'aujourd'hui.


Un Mitterrand, j'en avais déjà connu un, quelques quinze ans plus tôt. Frédéric, qu'il s'appelait. Le neveu de celui que la France entière allait appeler Tonton. Il était prof à l'Ecole Active Bilingue, là où j'ai atterri au retour de mon enfance new yorkaise. Là où j'allais à l'école quand mai 68 a lancé ses pavés dans la marre. Il était prof de politique pour les 4èmes et d'économie pour les 3èmes. J'étais en 4ème. Je l'adorais. C'était réciproque. J'étais sa chouchoutte, ma mère était au PSU, je lisais le Monde tous les jours, j'étais politisée… Those were the days… Ses cours étaient passionnants. "La presse", "La dictature"… Des grands sujets traités avec enthousiasme et talent. Juste, fallait pas l'énerver, le Fredo. Sans quoi il vidait sa boite de craies contre le mur du fond, et fallait qu'on plonge sous la table pour ne pas s'en prendre une, de craie, dans la tronche.


Donc, me voilà invitée à l'Elysée, chez son oncle! Ma chanson cartonne. Après avoir été imposée par Pierre Lattés sur Fun, une radio libre, elle passe maintenant partout, et il m'arrive de me retrouver sur les trois chaines en même temps. Les trois chaines!!! Dingue, non? L'impression que c'était hier, et ces trois mots, "les trois chaines" donnent l'idée du gouffre qui nous sépare de cette époque pas si lointaine. Je suis donc sur un petit nuage cotonneux. Invincible, euphorique, joyeuse, que je suis. Et gonflée aussi. Il faut dire que je n'ai jamais eu ma langue dans ma poche, et le sens de la provocation a toujours été mon luxe et mon péché mignon.

C'est donc pétée (de rire) et chantant "c'est la ouate" à tue tête que je pénètre dans l'Elysée, mon maxi à la main. On me convoque pour savoir si je veux bien soutenir Tonton pour sa campagne de 1988. Histoire qu'il remette le couvert. Evidemment, je suis partante! Je laisse mon disque dédicacé "de toutes les manières, c'est Tonton que j'préfère!" et me dis que ça, c'est une bonne accroche pour sa campagne! Presque aussi bien que "la force tranquille" de son gars, là!

Et v'la t y pas que je chante dans un meeting, et qu'il dit chez Mourousi (qui a du faire partie de ceux qui croyaient que le refrain était une ode à la blanche, lui qui ne crachait pas dessus) qu'une de ses chansons préférées c'est "la ouate"….

Et que le tonton de Fredo, il re-gagne et que pour fêter ça, je me retrouve invitée à manger à l'Elysée. Ça, c'est de la promotion! Ça change de la promo. Qui non seulement, lave plus blanc, mais rince!


Donc, l'Elysée. En bas des Champs, le Palais. Des messieurs compassés nous font passer, puis patienter dans les petits salons tout couverts de stuc et d'or.

On poireaute, un peu fébriles. Le soleil tape sur les dorures et l'attente sur nos nerfs. Va falloir être brillant, et la barre est haute. C'est pas gagné. On a fait TV6. On n'a pas fait l'ENA, nous. Enfin, on nous invite à passer à table. Attali accompagne le Président. Mes collègues sont au Top! France Gall, Berger, Marc Lavoine, Jane Birkin, qui a du emprunter une veste à la boutique Saint Laurent en face afin de pouvoir entrer au Palais (plus chic, tu meurs).

Je fais l'andouille. "Comment on s'assoit? Un garçon, une fille, un garçon une fille?"

Je me retrouve à gauche de Mon Oncle et à droite de Jacques Attali dans cette salle à manger en plexi seventies qui date de Pompidou. Il y a peu de choses qui vieillissent aussi mal que le plastique. Après les ors de la République, le plexiglass fait grise mine. C'est moche.


Presque autant que ce qu'on nous sert à manger. Du blanc de poulet sur lequel a été posé un escargot cuit. Sans sauce. A sec. Vous avez déjà vu un escargot cuit tout nu? Il y a peu de choses qui ressemblent autant à une crotte de caniche. On dirait un mini étron. On est bien loin des créations culinaires qui allient le goût aux couleurs et aux formes avec épices savamment saupoudrées sur l'assiette ou coulis au tracé inspiré qui font de votre assiette un Pollock coloré et délicieux. C'est moche. C'est sec. Et c'est pas délicieux. N'est pas Divine qui veut. là

Alors que, consternée, je regarde mon assiette, celle de Tonton arrive sur la table. Lui, il a une jolie préparation avec du vert, du rouge, des herbes… Enfin, c'est appétissant, quoi! Comme je ne doute de rien, j'ose: "Pourquoi il mange pas comme nous, le monsieur?" A quoi on me répond d'un air pénétré "Il a un régime spécial". Ah, d'accord! Ben il en a de la chance. Je changerais bien ma gueule de bois contre son cholestérol et mon assiette contre la sienne. C'est mieux d'être Président que d'être vedette du Top 50. Ne serais ce qu'au niveau culinaire….


Y'a pas à dire, il dégage, Tonton. La fonction auréole d'une aura certaine. On est un peu intimidés, c'est notre Président tout de même, le monsieur qui mange des plus jolies choses que nous. Ça papote gentiment. Tout le monde essaye d'avoir l'air intelligent et de dire des choses intéressantes. Pas évident. Certains sont ostensiblement lèche culs. Rien de nouveau sous le soleil, ni sous les plafonds dorés de l'Elysée. Tonton et Jacques Attali ont l'air de trouver ça sympa, ce dej'. Ils se lancent des regards complices en évoquant "Etienne" de Guesh Patti. A les voir, on dirait qu'ils ont bien percuté aux sous entendus érotiques de la chanson, et même que ça les émoustille, ces vieux cochons. Faut dire que les empereurs, les rois, les présidents, ça a toujours bien aimé les chanteuses….


On prend le café dehors, sur la terrasse. IL met son chapeau. C'est Motsch? A nos pieds, le parc. Il fait beau. Des fleurs, des arbres. J'adore les fleurs. Leurs couleurs lumineuses et infiniment variées, leur fragilité, leur beauté éphémère. Tonton, lui, est plutôt branché arbres. C'est qu'un arbre ça se fait sur des centaines d'années. Un arbre, c'est pas un truc de gonzesse. Encore moins un truc de tante. Un arbre c'est fort, c'est grand. C'est ça qu'est beau. Comme l'antique. Ça dure. Ça perdure. Par delà la vie des hommes. Il y a des arbres qui ont connu Victor Hugo, madame… Le Temps, avec un grand T. L'Histoire, avec un grand H. IL s'identifie. Tu seras un Arbre, mon grand…


Allez, je vous dis tout, mais vous l'répétez pas. A l'époque, j'étais plus portée sur l'herbe, ou alors le H, oui, mais sans le côté historique. Pétard avec un grand philtre. Le carton d'invitation de l'Elysée, trop classe, me fera d'admirables filtres à pétards! On est chic ou on ne l'est pas, darling!



vendredi 28 mai 2010

LE REGARD DU SOURD



C'est fascinant à quel point le regard porté sur soi vous transforme. On connait tous ce sentiment à a fois subtil et précis d'être soit porté par un regard valorisant, soit abimé par un regard médiocre, voire malveillant. Celui qui porte les yeux sur vous projette, consciemment ou pas, son point de vue. C'est tout l'art de la mise en scène et de l'art en général. Porter sur les choses et les gens un regard qui transforme celui des autres. Et on sait qu'après Cézanne, plus personne n'a jamais regardé les pommes de la même manière. Et pourtant une pomme est une pomme est une pomme, pour faire ma Gertrude Stein de base.

C'est la mienne, de pomme, qui vient de vivre à nouveau, et pas plus tard qu'hier, un grand moment.

Invitée à RTL, je suis conviée à parler des années radios libres. Très bien. Formidable. C'est en effet une époque très particulière, passionnante et à laquelle je suis liée puisque c'est grâce à ce moment d'oxygène radiophonique aussi court qu'intense que je me suis retrouvée propulsée sur les ondes et du même coup vedette du top 50. Une époque dont j'ai connu, bien avant les années 80 les protagonistes phares. Les Jean-François Bizot, Jean Rouzeau, Mondino et autres Gaultier…. Une époque qui, pour moi, ne se réduit donc pas un un trou avec du vinyle autour!


L'émission est animée par Julien Courbet. Il y a pire. Il y a surtout mieux.

Julien Courbet, j'avais rien contre. Je gardais un excellent souvenir d'une émission avec lui il y a une dizaine d'années. Et puis un garçon dont le nom de famille évoque l'origine du monde ne peut pas être complètement mauvais.

Mauvais, non. Médiocre, si.

On me dira, c'est pas de sa faute. Il fait ce qu'il peut avec que qu'il a. On lui a collé un ramassis d'anciennes gloires d'il y a 20 ans plus ou moins tapées qui s'accrochent à des carrières flinguées et lui, il faut qu'il fasse une émission "fun". Chacun sa merde. OK. On est là pour faire une bonne émission. On n'est pas là pour dire la vérité. D'abord, faut dire que la vérité, tout le monde s'en branle. Même pas. C'est dire à quel point c'est hors sujet. Ensuite, la vérité, elle est trop trash. Qui veut savoir ce que c'est qu'être cramé avec un titre, puis humilié pendant 20 ans? D'abord par le métier, puis par les médias indifférents? Qui veut savoir que leur nouvel album, à ceux qui sont derrière les micros de RTL, quelle qu'en soit la qualité ou celle de leur attaché de presse, ne sera jamais écouté par ceux qui passent leur tube ad nauseam. Qui veut savoir que ceux ci ne prendront même pas la peine d'enlever la cellophane, encore moins de l'écouter, et qu'il y de fortes chances pour qu'il se retrouve sur un trottoir de vide grenier ou chez un soldeur. Les "journalistes" à peine capables de copier un dossier de presse sans faire de fautes d'orthographe et n'ayant de la fonction que les avantages, la carte de presse, sans les exigences, un brin de curiosité, l'ayant reçu pour le chroniquer préférant essayer de racler quelques euros, plutôt que le foutre directement à la poubelle. Qui veut entendre des artistes raconter la souffrance quotidienne que c'est d'être pour toujours, et quoi qu'ils fassent liés à UNE chanson, quand ils continuent à créer? Qui veut savoir que les seules émissions auxquelles ils sont acculés sont les sempiternels "Que sont-ils devenus?" ultimes clous du cercueil, dans lesquels ils feignent de ne pas voir à quel point ils sont la risée du PAF? Personne. Et sûrement pas Julien Courbet.

Le plateau? Une flopée d'ex collègues du Top 50. Le tiroir mortifère des "one shots des années 80". J'ai beau être enrhumée, ça pue la naphtaline à plein nez. Ça, c'est sur, il n'y a ni Daho, ni Ringer, ni Farmer. Eux, on ne leur prend pas la tête avec le Top 50. Avec eux on cause artistique, nouveautés, projets. Eventuellement.

Avec nous autres les gueules cassées des années tubes, ce ne sont que des "c'était comment?" jusqu'au mortel "alors? c'est pas trop dur quand on a fait un énorme tube comme ça de ne plus passer nulle part?" (Et pas plus sur RTL qu'ailleurs, soit dit en passant). Non chéri. C'est pas trop dur! C'est trop cool. Une partie de plaisir. On s'éclate.

Au Sénégal peut être. Ici, moins.

Le déni. En barre. Tout va très bien madame la marquise. Tout va très bien, tout va très bien. Chacun et chacune est très heureux de sa carrière, prend trop de plaisir sur scène, a fait un break pour s'occuper de ses enfants, a décidé de prendre du recul avec la profession. Machine fait une grande tournée. Machin va bientôt être sur scène dans un spectacle "très important". Don't make me laugh! Personne n'y croit. A part eux. Peut être. Pas sûr. La grande scène du "has been en promo" se déroule en live sous mes yeux ébaubis. C'est pathétique. Non, c'est pas à la radio et encore moins sur RTL qu'ils vont aller raconter que leur vie est un cauchemar. Que les gens ne leur parlent que de leur tube. Que le métier les a enterrés. Que c'est mort. Fini. Circulez y'a rien à voir. "A fait un tube dans les années 80" pour épitaphe.

Et mon Julien Courbet qui botte des vannes, fait mine de s'intéresser. J'ai l'insigne honneur d'être assise à côté de lui. Quand il se tourne vers moi je suis fascinée de lire à ce point dans ses yeux le mépris, l'indifférence. Presque de l'hostilité. Ses yeux brillent quand il trouve une astuce, puis son regard devient opaque dés qu'il me regarde. Je connais par coeur ce regard condescendant.

C'est sidérant. Je suis médusée. Dans le sens strict. J'en reste coite. C'est la coite!? C'est sur, ça n'engage pas tellement à être marrante tout ça. Il n'est pas content, le Courbet. Je ne suis pas assez rigolote. Faut rigoler… Faut rigoler…. Ben non. Ils attendaient mon humour ravageur. Ont droit à mon humour ravagé. Pas envie. Pas marrante, la Loeb! Envie de prendre mes cliques et mes claques et me casser. Je reste. Bonne poire. Elle est loin l'époque des "messieurs les censeurs, bonsoir!" Faut dire que c'étaient des émissions en direct. On pouvait faire des hold up. En différé, tu sais déjà qu'ils ne garderont que ce qui les sert. Alors, on l'ouvre et on la ferme. On la boucle, sa grande gueule. On file doux. On ne va pas en plus se griller avec RTL! Déjà qu'on passe pas bien souvent à la radio….

Pour terminer cette émission passionnante, un petit tour de table promo. Tous la même phrase: "J'ai sorti un nouvel album et je suis sur scène". Untel fait des galas, unetelle fait partie de RFM Party. Je suis la dernière du tour de table. Au bout du rouleau. Envie de me pendre. Et comme les autres, j'y vais de mon "j'ai un nouvel album et mon spectacle etc…" J'ai honte. C'est horrible. Le désintérêt de l'animateur pour mon travail, comme pour celui des autres, est palpable. A voir les autres, à observer la façon dont Courbet les interroge, je vois bien à quel point leur discours est décridibilisé d'emblée. Etre là est l'erreur.

A l'époque du chef d'oeuvre de Bob Wilson*, au début des années 70, un critique inspiré et malicieux avait écrit "Le regard du sourd n'est pas tombé dans l'oreille d'un aveugle".

L'autre jour si. On était chez les malentendants et les malvoyants. On était surtout chez les non comprenants.


Ça me rappelle un jour où j'ai visité Orsay avec une amie, ma fille et quelques copines de son âge. Soudain, elle tombe en arrêt devant "L'origine du monde" de Gustave Courbet, et part offusquée en se tenant le nez avec les autres prépubères qui l'accompagnaient, genre "ça sent la morue!". On étaient pétées de rire! C'était incroyable, cette réaction. La chair du tableau était donc si présente... Si sensuelle que ça….

Autant le tableau de Gustave Courbet est totalement inodore, autant là, oui. Ça ne sentait pas la rose l'autre jour à la radio. Ça crognotait même velu si vous voulez mon avis.


* "Le regard du sourd" 1971

* à lire: mon roman caustique sur cette formidable expérience du tube et post tube: "Has been" chez Flammarion


lundi 24 mai 2010

LES IRIS DU JARDIN DES PLANTES




"Superstition". "Ruffled shirts". "Midnight hour". "Arpège". "Rival". "Cherub's smile". "Lovely senorita". "Lemon brocade". "Hocus Pocus". "Bord de mer". "Eau piquante". "Leda's lover". "Petit nuage". "Euphorie"….

Les délires de jaunes, oranges, violet foncé, mauve, bleu nuit, bleu lavande, chocolat, caramel, bordeaux, ivoire, blanc nacré, bleu roi.

Et puis le parfum. Des effluves poudrées, entêtantes, envoutantes. Ça sent le gâteau, la vanille, la frangipane, le pamplemousse. Ça évoque des parfums plus troubles, plus sensuels….

L'iris.

La fleur royale par excellence. Celle qui a inspiré la fleur de lys des rois de France, celle que l'on trouve dans les fresques du Palais de Cnossos en Crète depuis la plus haute antiquité existe en plus de 950 espèces toutes plus inouïes les unes que les autres..

Il y a à Paris un endroit où on peut aller les regarder, les admirer, les respirer. C'est au Jardin des Plantes, créé par Buffon, le passionné des espèces végétales et animales, que se trouve ce petit coin délicieux et unique. Juste derrière un de plus jolis manèges de la capitale, avec ses animaux fantastiques. Parmi eux, un dodo, ce gros oiseau comique, espèce disparue que l'on croise dans "Alice au Pays des merveilles" et dans "l'Age de glace" et dont un spécimen en plâtre est exposé à quelques pas de là, dans le très beau Musée d'Histoire Naturelle.

Derrière ce joli manège poétique aux animaux imaginaires ou disparus qui tournent en rond, chevauchés par des enfants heureux, il y a donc un petit coin de jardin paradisiaque où des merveilles de couleurs et d'odeurs vénéneuses s'épanouissent.

Le jardin d'iris du Jardin des Plantes.

Qui ouvre à nouveau sa petite porte en fer aux visiteurs. A mon grand désespoir, pendant quelques années, il était fermé, traumatisé par quelques vandales qui l'avaient violé, abimé. Il est à nouveau ouvert et c'est LE moment d' y aller.

Des iris en veux tu en voilà! Sur leurs grandes tiges rigides, ces grosses fleurs aux pétales charnus, aux couleurs criardes ou subtiles, aux parfums tellement particuliers s'offrent au visiteur. Sensuelles, délirantes, extravagantes, baroques, Tim Burtonniennes.

L'iris dont le nom vient du grec iridos et qui a longtemps signifié arc en ciel, à cause de ses teintes irisées.

Des siècles après Catherine de Médicis qui la première s'en serait servie pour se parfumer, Serge Lutens, le plus grand artiste parfumeur, a créé un jus extraordinaire autour de la fleur, "Iris silver mist", Prada sort son "Infusion d'iris" et Arthur H dans sa chanson "L'amoureux" avoue aimer, entre autres, les iris.

Et ce n'est pas pour rien que Van Gogh les a peints avec passion, tortueux et indomptables, ni que Monet les a plantés à profusion à Giverny.


Les plus grands philosophes, les plus grands poètes ont consacré des années de leur vie à planter, biner, tailler, arroser, désherber, bouturer. L'horticulture est une passion qui traverse toutes les couches sociales. Du prolo avec son pot de géraniums au balcon, à l'esthète qui bichonne ses plantes rares à Tanger, tous n'aiment rien tant qu'observer, entretenir ces trésors de grâce et de poésie pure que sont les fleurs.

Là, les mains dans la terre, loin de l'humanité décevante, à l'abri des trahisons, de la vulgarité ambiante et des intérêts médiocres qui nous abiment, le misanthrope se fait du bien à l'âme.

Il faut vite aller au Jardin des Plantes. La grâce et la beauté des iris est comme l'existence, sublime, éphémère et fragile.


Et pour finir, un des bons mots de Dorothy Parker "You can lead a whore to culture but you can't make her think". A lire à voix haute avec l'accent new yorkais. Comprenne qui pourra....


mardi 4 mai 2010

LES FILLES DE JOIE? C'EST PAS TRISTE!



Non, les filles de joie ne sont pas des putes. Encore moins des putes à frange! Les filles de joie sont des super gonzesses. Et elles ne sont pas tristes! Elles font du "Cabaret Burlesque", un genre de strip-tease décalé et chic qui existe depuis les années 50, et qui est en plein revival. C'est bien simple, on ne parle plus que de ça et de nombreux lieux comme la Bellevilloise organisent des soirées autour de ces shows joyeux et glamours!


La preuve que c'est pas juste des nanas de plus qui se foutent à poil sous le regard plus ou moins concupiscent des mecs, c'est que même les féministes trouvent ça bien! Pire, c'est aussi une démarche féministe! En quoi se désaper peut il être de près ou de loin féministe me direz vous, dubitatif? Eh bien c'est que tout est dans la manière! Et dans le regard et la pensée qui va avec.


S'il y a eu des dérives féministes dans les années 60/70 avec des radicales comme Valérie Solanas et son SCUM (accessoirement, c'est elle qui a tiré sur Andy Warhol), cela fait un moment que les femmes affirment qu'on peut exiger d'être respectée et avoir du plaisir à se faire désirer. C'est une vue de l'esprit grotesque que ce raccourci qui consiste à dire que les féministes sont moches, mal baisées ou gouines! Et quand bien même il y en aurait, en quoi cela discréditerait-il leur discours? Que je sache, les hommes politiques brillent rarement par leur sex appeal et tout le monde trouve normal d'écouter avec intérêt des vieux moches priapiques à la sexualité douteuse.


Mais revenons à nos filles de joie qui me mettent… en joie! Leur leadeuse? Juliette Dragon! Belle, sublime, intelligente, classe! Encore une femme qui démontre qu'ont peut être une femme de tête et avoir de jolies jambes! Un pseudo du genre de celui des filles du Crazy Horse, sauf que là, ça ne fait pas "femme objet", mais bien "femme sujet"! On est loin des Lova Moor, Loulou Looping et autres Lola Frivola. Juliette Dragon, ça claque! Pour paraphraser le divin Noël Coward au sujet de Marlene Dietrich " C'est un nom qui commence comme une caresse et finit comme un coup de fouet" ! Et Autant au Crazy les normes physiques exigées sont d'une précision millimétrée draconienne, les canons de beauté d'un conformisme militaire et les pseudos amusants mais réifiants, autant "Les filles de joie" sont canon à leur manière toute personnelle. Y'a des grosses, y'a des maigres. Y'a même des vieilles! Et quelle que soit leur tronche, elles sont belles! Ce qui est jubilatoire c'est qu'elles organisent des stages d'effeuillage pour des nanas "normales". Des femmes qui ne se sont pas fait refaire la plastique à coups de bistouri, de silicone et autres liposucions. Eh oui! Le désir ça ne se mesure pas avec un centimètre, une balance ou un extrait de naissance. Et la beauté n'a jamais été une science exacte.


En fait, physiquement, ces femmes sont beaucoup plus proches de ce qu'étaient les danseuses de cancan du début du XXème siècle, époque où les cancanneuses étaient des super stars.

Qui se souvient de "Grille d'égout", "La môme fromage", "Nini patte en l'air" sans oublier "La goulue" et Jeanne Avril, la plus adulée, et la plus dessinée par Toulouse Lautrec qui s'y connaissait en nanas qui levaient la patte? Elles avaient de sacrés tronches et des putains de personnalité, les mômes! On était loin du formatage et du consensuel. C'était pas Claudia Schiffer ou Linda Evangelista les greluches!


Petite parenthèse, le cancan à l'époque, c'était pas un gadget à touriste. Figurez vous que c'était même révolutionnaire! Oui Madame! Les figures, genre "la baillonnette" venaient tout droit de La Commune, et les filles qui montraient leurs dessous en poussant des cris de joie étaient sacrément gonflées et subversives. (Paraît même que parfois, leurs culottes étaient fendues et qu'on leur voyait la… chuttttt!)

Quoi qu'il en soit nos strip teaseuses du dimanche se réunissent le samedi dans la joie et la bonne humeur, jouent avec les codes de la femme objet, s'amusent, et démontrent que l'on peut évidemment être féministe et sexy!


Sans une once de vulgarité (c'est quoi la vulgarité? Vaste débat. J'y reviendrais), elles conjuguent audace, "nippies", honnêteté, boa chinchilla et porte-jarettelles pour proposer un show bourré d'humour.

Les filles se régalent. Leur mec (ou leur nana) aussi! C'est plus gratifiant et amusant que de se regarder dans le miroir mortifère des publicités qui renvoient toujours un modèle unique de féminité, lisse, convenu et surtout photoshoppé à mort!


Vivent "Les Filles de joie", Juliette Dragon, Miss Anne Thropy, et toutes ces filles merveilleuses qui se réinventent en jouant avec les codes de nos grand mères. Qui détournent les corsets de la pensée, se les approprient et se/nous donnent du plaisir avec. Avec elles, y'a du monde au balconnet!


Et comme La Dragon, faute de cracher du feu, elles jouent avec. Ça sent le soufre! Ça c'est d'la meuf!


* à voir: les magnifiques photos de Eve Saint Ramon pour "Mon boudoir"

mercredi 28 avril 2010

LISE & LULU, PIERRE LOEB... ET MOI!





Ce soir, le 28 avril 2010, je referme "Lise et Lulu", le très beau livre de Lise Lévitsky et Bertrand Dicale. Quelle émotion!


On savait que, comme toujours avec Gainsbourg, derrière cette chanson "L'hippopodame" se cachait une vraie histoire. Une vraie femme. Une vraie histoire d'amour. Gainsbourg faisait feu de tout bois, et son "rôle " de Gainsbarre lui permettait de se mettre à nu beaucoup plus que quiconque ne l'imaginait.

Oui. Cette grosse femme était son premier amour, et il la verrait et en serait l'amant toute sa vie.


Le texte est très fort. Bien écrit. Des scènes incroyables. La libération de Paris d'une violence, d'une folie hallucinante. Hallucinée…. Lise dans sa robe jaune éclaboussée du sang et de la cervelle d'un jeune allemand. Elle l'enlève dans un bistrot, la lave, et la remet. Elle séchera au soleil. Il fait beau.

L'antisémitisme qui continue à faire des ravages après la libération. Bien sûr que les idées sordides continuaient à ronger les esprits. Evidemment que la libération n'a pas transformé les mentalités instantanément, et que les juifs ont continué à être montrés du doigt et humiliés.

Leur rencontre à l'Académie Montmartre où Gainsbourg dirige les changements de pose des modèles de ses scansions: "Changez!".

La Schola Cantorum où ils vivront, avec ce placard duquel il entendra le jazz se faire, de Art Tatum à Dizzy Gillepsie, apprenant ainsi les règles secrètes de la composition.

Le couple Lulu et Lise se torchant avec les dessins érotiques de Dalì, ce qui a évidemment aiguisé le sens de la provocation de Gainsbourg qui en fera sa marque de fabrique.


Et puis la peinture. Et c'est là que ma mâchoire s'est décrochée. Il se trouve que Lise était copine de Florence Loeb, ma tante et la fille de Pierre Loeb, un des plus grands marchands d'art moderne de l'époque. Accessoirement, mon grand père. Quand elle cherche une galerie pour Gainsbourg, c'est à Pierre Loeb qu'elle le présente. Pierre Loeb, le marchand de Zao Wou Ki, Balthus, Miro, Wilfredo Lam, Giacometti (qui fera de nombreux dessins de lui) et Picasso. Pierre Loeb, l'ami d' André Breton et d'Antonin Artaud est emballé par le jeune peintre d'à peine vingt ans et lui propose de revenir le voir avec quarante toiles. Il est prêt à l'exposer. Mon cher grand père est "gainsbourien" avant moi. Avant tout le monde! Sauf que Lulu (c'est comme ça qu'il s'appelle avant de choisir comme pseudo Serge Gainsbourg), comme on sait, laisse tomber la peinture au profit de la chanson.


J'ai déjà raconté qu'au tout début des années 80 je m'étais retrouvée styliste photo pour son "Bambou et les poupées". ( ). Quand j'avais vu le livre terminé, ça ne m'avait évidemment pas échappé qu'il y avait du Hans Bellmer* là dedans.

Stupéfaite, je découvre dans le livre de Lise Lévitsky ce qui a inspiré ce livre de photos sur lequel j'ai travaillé.

L'inceste photographique qu'elle a subi par son père, la shootant avec une poupée de sa taille dans des vêtements identiques, lui faisant prendre la pose inlassablement.

Lise dessinée par Bellmer.

Lise triant des photos pornographiques pour décrocher un de ses premiers boulots, avec parmi ces photos, des photos pornos d'elle, prises par son père.

Gainsbourg shootant Bambou et ses poupées dans un lit d'enfant, établissant un lien connu de Lise et de lui seuls, avec le viol dont celle ci a été l'objet.

Tout se tient. Les pièces du puzzle s'imbriquent parfaitement.


En fermant le livre, je me souviens soudain de lui, assis sur le côté gauche de son petit canapé rue de Verneuil me demandant si j'ai un lien de parenté avec Pierre Loeb! Lui qui a failli être exposé par le grand Pierre Loeb, lui pour qui la peinture reste sa grande blessure et son éternel regret, ça a du le faire sourire d'envoyer sa petite fille Caroline chercher des poupées gonflables rue Saint Denis pour transformer en oeuvre d'art l'inceste de sa première femme, Lise, en faisant poser sa dernière femme, Bambou (la petite Caroline, comme on l'appelait à l'époque où nous nous croisions dans les nuits parisiennes du Palace..)


A la même époque, Michael Zilkha lit mes premiers textes de chansons, les trouve "gainsbouriens" et décide de produire ce premier album… Qui s'appellera "Pirannana"! De "L'hippopodame" à "Piranana" il n'y a qu'un pas…. (Inutile de dire que je ne connaissais pas "L'hippopodame" à cette époque!)

"Bambou et les poupées" sort en 81. Mon premier album en 83.

Presque 30 ans plus tard, je découvre, fascinée, les liens subtils qui nous reliaient, le beau Serge et moi.


Soudain, pour illustrer ce texte, je cherche la photocopie* de la page du petit carnet Hermés sur lequel Gainsbourg avait noté mon nom et mon numéro de téléphone de l'époque où j'habitais rue Saint Jacques, à quelques numéros de la Schola Cantorum. Je regarde la date: le 28 avril. On est le 28 avril aujourd'hui.

Oui, la vie est un puzzle. On a parfois le sentiment qu'il manque des pièces, des liens. Un sens. Et la pièce arrive, comme par miracle. Et le sens s'impose.


*que Laurent Balandras a faite lorsqu'il a eu accès aux archives de Gainsbourg pour établir les "Manuscrits de Gaisnbourg" publiés chez Textuel

*un artiste surréaliste majeur dont l'oeuvre tourne essentiellement autour de poupées érotiques démantibulées